07.12.2008

VOLONTE DE VIVRE

Si le Peuple réclame sa liberté

Le destin y consentira impérativement

L'injustice sera damnée et emportée

Par la nuit et son rugissement.

La malédiction s'abattra

Sur le temple de l'esclavage

Et l'énergie du temps dissipera

L'affreuse tempête d'orage.

Le vent de partout soufflera

Sur l'homme des campagnes

Broyant sur monts et gravats

Les lourdes chaînes de son bagne.

L'idée du colon éternel s'écroule

L'esprit rageur de la terre a parlé

Les gens scandent déjà en foule

Que la peur s'est tout à coup envolée.

Ne jamais passer la porte de l'abîme

Ni les flammes d'un boulet de feu

Mais qui refuse de grimper les cimes

Passera toute sa vie entre les creux.

 

Le grand poéte Tunisien et Arabe " Abou el Kacem Echebbi ( traduction )

REALITES N° 723.  1999.

MAUDITE DROGUE

le diable qui venait des cieux,

Cherche à dépouiller de ses éléments,

Un jeune homme vide et creux,

Pour s'envoler, je ne sais comment ?

Les cris, les coups, la rage et la poisse,

D'un sage gaillard, obscur maintenant

Il ne bouge plus, c'est l'angoisse,

Il est tantôt animal, tantôt enfant.

Par des effets néfastes et mystérieux,

La drogue, à vingt ans, l'enflamme,

Elle est ce qu'il aime le mieux,

Cependant, elle lui brise l'âme.

Il sursaute et croise les ailes,

Il s'arrête et s'endort au carrefour,

Il pleure constamment tant il est frêle,

En injurant le temps nuits et jours.

Puisque l'herbe est sa douce gloire,

Inconsciemment sur lui le ciel tombe

En se piquant comme un porc peut boire,

Chaque seringue le rapproche de la tombe.

Terriblement faible, il a peur...

C'est la loi du sort, il s'écroulera !

Quand il est ivre d'horreur,

Il trouve que les hommes sont bas.

 

REALITES N° 471.  1994

06.12.2008

TUNNEL DE LA DISCORDE

Sionisme, politique de mercenaires,

Tout s'y trouvait : mensonges, spoliation,

Larmes, tristesses et colères,

Crimes, tortures et lamentations.

Tu tiens Jérusalem et ses remparts,

Tes forfaits sont sur toi incurables,

La substance n'est bonne qu'à tes chars,

Aussi, notre foi est inébranlable.

Pour que tu sèmes l'horreur

Avec couronne de fer et de sang,

L'oncle Sam t'a fait Empereur,

Moitié tueur, moitié brigand.

Mais le Peuple se réveille, se dresse,

Et l'injustice ne sera éternelle.

Maintenant la chance délaisse,

Ceux qui creusent tombeaux et tunnels.

Palestine, jamais ainsi tu n'as vécu.

Ils t'ont pris ta terre, on la reprend,

Et la paix, après qu'on ait vaincu,

Sera le symbole du Moyen-Orient.

 

REALITES N°569.  1996

LE DETENU DU NEGUEV

Ses yeux laissent passer la lumière,

Et le drame noir devient effroi,

Mais la détention cousine de la misère,

Lui coupe brsquement la voix.

Fatalement, il scrute le ciel inconnu,

Et guette le grand désert avec stupeur,

Il tâche de saisir quelque chose de nu,

Il se soulève et n'observe que l'horreur.

Le prisonnier est en deuil, et sa lampe

N'éclaire plus que puces et tonneaux,

Et dans sa chambrée sans rampe,

Il cherche l'obscurité, son tombeau.

Au fond, l'homme accuse l'enfer,

Bien avant la naissance du temps.

De sa cellule, la fatalité devient matière,

Et effrite sa volonté doucement.

Il livre une rude et longue bataille

Pour retrouver sa famille et son frère,

Il faut qu'il sorte, il faut qu'il aille

A Jerusalem. Sa patrie lui crie : Espère !

 

REALITES N° 936.   2003

CHAUDE NUIT

Emu, je contemple le ciel qui brille

Les étoiles, la lune, les palmiers et la mer

L'Avenue où passent les filles

Couronnées de joie et de lumière.

Dans un manège éblouissant

D'une chaude nuit étoilée

Les femmes aux parfums excitants

Laissent apparaître des regards étonnés.

Les marchands courent par volée

Vendre pistaches et autres choses

Tout le monde admire l'autre à côté

L'homme seul songe aux roses.

L'air brûlant fait luire les jasmins

La clarté redouble son effort incroyable

Le rythme des chansons avec refrain

Domine la nuit interminable.

Toute la ville était à la plage

Musiciens et danseurs que rien n'arrête

Attendaient l'aube avec rage

Dans un brouhaha d'une veillée de fête.

 

REALITES N° 711.  juillet 1999. hammam-lif

04.12.2008

DANS MA VILLE LA NUIT

Amsterdam de BREL m'inspire ces quelques vers

Dans ma ville, la nuit

Il y a ceux qui dorment,

Et ceux qui s'ennuient.

Dans ma ville, la nuit

Il y a des ivrognes,

Qui pissent, qui grognent.

Il y a des putains,

Sans le sou, sans haine.

Il y a des vauriens

Sans grammaire, ni voyelle

Qui hantent rues et ruelles.

Il y a des balayeurs

Qui astiquent l'asphalte

Sans conviction, ni coeur.

Dans ma ville, la nuit

Passe le métro,

Ni moderne, ni rétro.

Dans ma ville, la nuit

Il y a des fuyards

Pas trop bavards

Il y a des sans-gêne

En jean's et boléro

Paradoxe des temps modernes,

Les mains vides, le coeur chaud.

Dans ma ville, la nuit

Le calme bat le bruit

Il y a ceux qui dorment

Et ceux qui s'ennuient. 

GANTAN - ABOU

Pour des moments ingrats et noirs,

Le geôlier se met à rigoler et à rire !!

Les vastes rayons de la lune du soir,

L'emplit pleinement de délires.

Le projecteur de l'endroit l'accable,

Il se croit libre ce tortionnaire !!

Triomphant, joyeux et implacable,

Il s'amuse et règne sur cette terrre.

A travers baraques et barrières,

Les prisonniers en orange braise,

Passent à l'ombre de la lumière,

Comme bûches pour fournaise.

Le hurlement du faible abrutisse,

Le reste du monde à la traîne.

Pour Satan, ce n'est que justice,

A l'extraordinaire bêtise humaine.

Le Moyen Orient tombe du céleste.

L'excessivement grand est maudit,

Le faiblement bon est funeste.

Et le genre humain, sous la faute, plie.

 

LE CALVAIRE DU REFUGIE

La haine sacrée tourne autour de lui

Haletant, brisé, la trouille dans l'âme

Il s'attache à une corde qui fuit

Pourtant, il la sent comme une flamme.

Le malingre est las, il a faim

L'oreille tendue à chaque instant

Il a peur, il ouvre ses yeux en vain

Et ne regarde que l'obscur firmament.

La douleur, les barrages et le dégoût

Les insultes, les massacres, les attentats

L'horreur, le deuil et la boue

Le barbelé, avant et après le combat.

Le dépossédé s'offre faible au désir

D'une pensée qui devient gênante

Il marche mal et tout peut le saisir

Pourquoi cet acharnement, cette soif béante ?

Entre une vie impossible et la mort

L'abîme et le tombeau se parlent la nuit

Faisant envers ce déshérité un effort !

A mesure que l'esprit du Monde s'évanouit.

 

REALITES N° 727.  1999

LE VAUTOUR DE TEL-AVIV

Le grand vizir

Sur un micro perché

Tenait en haleine l'auditoire

Les chasseurs par le risque allégés

Vinrent chanter à sa gloire

" Si votre fourberie égale votre tuerie

Vous êtes le chef des bandits ci bas"

Dans un climat sauvage

Règne la communauté des ombres

Le crime devient le langage

De ces brigands sombres

Moralité:

Haine et destructions

Sont les deux mamelles de la spoliation.

 

REALITES N°599.  1997

JENINE (AUSCHWITZ bis)

Au milieu du tonnerre

L'injustice aujourd'hui

Règne et délibère

Dans le chaos de la nuit.

Dans l'ombre de la mort

Et de la souffrance et du noir

La terreur nous dévore

Et le fer touche le désespoir.

Le feu, le plomb et les bombes

L'éffroi, le carnage et le courroux

Avaient mis là, devant les tombes

La honte mêlée au dégoûts.

La plainte d'un mal tué

Alimente mépris et haine

Sous les crimes répétés

De la bêtise humaine.

A l'intérieur de cette fournaise

Et dans ce flot d'hypocrites

Ce bâtard à qui rien ne pèse

Lâche la vérité en fuite.

 

REALITES N° 835.  2002 

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