14.12.2008

LE BOGUE DE L'AN 2000

Si rien ne germe dans cette terre

Que l'homme laboure jours et nuits

C'est que l'horizon sans cesse fuit

La clarté qui s'éteint sans bruit

Dans une fosse béante d'un cimetière.

 

L'humanité souffre de maux stupides

Volume, mauvaise sonorité et décalage

Faux calcul, tracas et verbiage

Le virus triomphe à l'abri des naufrages

Dans un globe pataugeant dans le vide.

 

La science fait son travail mollement

Là, devant le ciel, et l'opérateur

Sous ses mains l'écran, sauvegarde la peur

Au lieu d'écraser l'inquiétude du coeur

Une discipline s'embrouille doucement.

 

Passe dans l'esprit évolutif une ombre

Le silence mystérieux d'un trône

L'heure énorme s'approche et frissonne

Qui connaît le destin ? Personne

Une fiction nous envahit sans nombre.

 

REALITES N°709.  1999

13.12.2008

WWW/VIRUS 2000.COM

Une agitation jette le trouble le soir

On court, on va vers le cri du souffrant

Le pas de l'infirmier dans le couloir

Qui roule et qui s'accroît par moment.

On voit une silhouette malingre, sans âme

La contamination arrive en courant

Le bronchiteux est là, sans verve, sans flamme

L'homme affaibli par ce mal virulent.

Le geste avait sa voix et le malade son bruit

Tout se résume sur les visages blêmes et gris

Des indisposés fiévreux et des âgés évanouis

L'hiver avec le froid pris en flagrant délit.

L'infection guette tout et remonte en haut

Femmes, enfants, vieillards, pasteurs et apôtres

Et chaque virus brûle comme un flambeau

Même si nous allons d'un bout à l'autre.

Nous subissons, puisqu'il le faut Seigneur

Une épidémie amère, rude est la situation

Faut-il accepter les étouffants malheurs ?

D'une grippe, résultat d'une morne saison.

 

REALITES N°738.  2000

12.12.2008

L'ALGERIENNE

Un maudit tueur ardent et désaxé

Dépoussière cinq fois son visage vil

Dans une région où le crime est fatalité

Il terrorise faubourgs, villages et villes.

Ebauchant un geste que nul ne voit

Il voulait tout vaincre, tout dissoudre

Sa parole ! un son au même endroit

Et ses ordres cachaient de la foudre.

Dans le noir et la profonde obscurité

Le démon apportera le cahier des crimes

Et en passant près de la mosquée

Il lira les noms de toutes les victimes.

Ainsi le diable agira chaque nuit

Avec l'aval des barbus endiablés

Qu'importe si l'heure est pour lui

Il tremblera, quand il sera dépouillé.

Femme errante, battue, foudroyée

Je t'ai cherchée, criant ton nom : blanche

Ton image ébranle sans cesse ma pensée

Un mot s'échappe de ma bouche : revanche.

 

REALITES N°644.  1998

A COMME ALGERIE

Un événement pour la société,

Le temps cherche sa revanche !

Est-ce la rançon de la liberté ?

Ce coup dur pour la blanche.

Sans vacarme, ni bruit,

Je sentais la terreur.

Je regardais, tête éblouie,

La zone pleine de hideur.

Je contemplais un malade,

Autrefois comme une tempête.

Femmes, enfants, camarades,

Ne savent où donner de la tête.

L'homme fort dégoûté, las

Sous un ciel percé comme un crible,

Le moral toujours plus bas !

Dans une chute terrible, terrible.

Ecoles brûlées, maisons noires.

Des jeunes criblés de mitraille,

Par terre sur les trottoirs.

Un véritable champ de bataille.

De ces mots que ma plume lâche,

La raison peut aller d'un bout à l'autre.

Compagnons : L'idéal se fâche,

Je ne suis ni pasteur, ni apôtre.

Tenir bon, au milieu de ce combat,

Et vivre le plus possible,

L'avenir est dans vos bras,

Pour éviter des jours horribles.

L'amour est un souffle universel,

Avec lune, soleil et bon vent,

Pour Alger, notre étoile éternelle,

" Après la pluie le beau temps "

 

REALITES N° 466.  1994

11.12.2008

PETIT MOYEN ORIENT

Un Orient moyennement malsain

Morcelé en territoires bâtards

Suffoque sous la ruse et le venin

Des coyotes et des serpents pillards.

Toute la région est un abîme fumant

Qu'une bombe précède et qu'une flamme suit.

Patrie, où sont tes véritables enfants ?

Qui dévorent le vent et chassent la pluie.

Brave, où est ta bravoure ?

Où est ton prestige, ta foi ?

Où est donc ton amour ?

Pour ton proche sans voix.

Qu'importe le moment, la saison

Combattant, où est ta fureur ?

Intellectuel, où est ta raison ?

Où est donc ta verve meilleure ?

La liberté n'est pas à toi, elle est vapeur !

Cependant, Dieu te l'avait donnée.

Elle est à ceux qui cherchent les douleurs

A ceux pour qui le sacrifice est sacré.

 

REALITES N° 690.  1999

LE LIBAN ASSASSINE

Les coups pleuvent et je crois voir,

Le guet-apens, le carnage, le crime

Sans vérité, sans honte, sans devoir,

Ainsi, l'Orient marche vers l'abîme.

Je ne me soutiens plus, je me sens malade

La mort plane, le sang ruisselle,

L'affreux lynx dévore nos camarades,

Et de toutes parts jaillit l'étincelle.

Quand les êtres bas, abjects et jaloux,

Sèment la ruine, le deuil et la haine,

Les crimes ne profitent qu'aux loups,

Aux chacals boiteux et à l'hyène obscène.

Israël nous canonne, nous affame,

Un éclat d'obus sur nos têtes

Vieillards, enfants et femmes,

Guettent la fin de la tempête.

Nous voilà errants dans la nuit.

Nul repos. On aura froid ! On aura faim !

Et le combat continue à grand bruit,

Un destin terrible et que sera la fin ?

 

REALITES N°.549.  1996 

LIBRE LIBERIA

Un géant avec son bec en acier,

Offense le ciel froid et sourd.

La belle Monrovia sous ses palmiers,

Compte ses morts et c'est bien lourd.

Après la famine, le crime, l'immonde

La folie est plus grande que l'univers

L'hystérie s'ouvre pour tout le monde

Le vainqueur aussitôt abattu par son frère.

L'éternelle misère lentement se dévoile,

Dans une Afrique par la faiblesse noircie

Et la guerre sans valeur tisse sa toile

Elle essaye de nous arracher la vie.

Ce siècle ingrat, difficile et affreux,

Cette époque de confrontations et de peurs

D'inquiétudes et de jeux mystérieux

Bref ! tout semble vertige, illusion, vapeur.

La douleur difforme les droits humains,

Par des actes de vengeance sans nombre

Et le mal transfiguré, ne condamne rien.

Qui aura raison dans l'ombre ?

 

REALITES N° 552.  1996

VABIANA ( Boumhel )

La brise remuait l'aurore qui s'éveille

Tout commençait à briller, à fleurir

Les maisons sous un firmament vermeil

S'empourpraient sans rien dire.

A l'heure où la clarté commence

La nature, printemps comme été

Laisse apparaître une étoile immense

Et dérange l'oisillon qui frissonnait.

On sent à travers la fraîcheur

De la colline et sous son ciel, quelque chose :

Une douceur éclatante, un vrai bonheur

L'inondation des rayons dans un champ de roses.

La montagne face à la mer aux ondes bleues

Observe la plaine où l'on trouve une forêt

Et on ne peut qu'admirer muet et silencieux

Ces terres de repos et de tranquilité.

La beauté couvrait en souveraine

L'espace de cet ancien bourg doré

Devenu village, cité, ville sereine

Qui vous tient captif et désarmé.

 

10.12.2008

VILLAGE ROMAIN ( Maktaris )

La route va, descend et remonte,

A travers les cimes des montagnes,

Elle se transforme en côtes, en pentes,

C'est la liberté de la campagne.

Derrière un espace d'eau, vert obscur,

Je découvre le sentier du barrage

En asphalte, la longueur d'un mur

Rocheux, même taille, même cerclage.

Il est difficile de cerner le pourtour,

Des vallées où naissent les orages.

Mais, visible les champs en labours

D'une généreuse terre de pâturage.

Impossible de voir les rivières en crues.

Le brouillard s'enfonce sur les collines.

Ainsi, la neige annoncée est venue,

Bloquant ma voiture encore gamine.

Ce village hautain et charmant,

Est une bourgade de ruines chargées,

Qui, hélas ! se transforme maintenant.

Mais vous tient captif et désarmé.

09.12.2008

LIBRE PATURAGE

Allez moutons ! Allez moutons !

Dans les plaines inertes,

Paître l'herbe verte,

A travers les ruines,

Sous la bruine.

Vous avez l'unité de la laine blanche.

A l'aide de mon chien de ranch,

Parole de berger...

Vous serez bien protégés,

Et sans bâton, je vous laisserai manger

Toute herbe qui bouge,

Sauf les champignons rouges.

Agneau, n'ayez pas peur,

Des loups affameurs.

Allez moutons ! Allez moutons !

Malgré ma rigoureuse surveillance,

Et les abois répétés en dissonance,

Les loups-garous surgirent

Et d'assaut abattirent,

L'innocent troupeau hébété

Exécutions rapides et sans procès.

C'est la loi du plus fort.

Les moutons ont tort !!

Allez communément sous un ciel bleu,

Cela est fatal et odieux.

Brouter libéralement l'herbe verte,

C'est une compétition en pure perte.

Pour ceux qui comprennent la peinture,

Ma fable a un sens, c'est sûr.

Pour toute la bergerie

J'ai voulu sacrifier ma vie.

Mais les fentes des caissons,

Ne m'ont pas donné raison.

ABOU ALI

DEMOCRATIE.P3.  1981

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