09.12.2008

ABOU GHRIB

Les murs de la vaste prison,

S'allument sur du louche,

Et le sinistre horizon,

Révèle une scène farouche.

A Abou Ghrib on s'en fiche,

Car on peut humilier la nuit !!

Et on se montre et on s'affiche,

Et on pisse en silence, sans bruit.

Les scènes pornos diaboliques,

Dévoilent le réel visage,

D'un continent bordélique,

Guerrier, ancré dans l'outrage.

A Abou Ghrib on tolère,

Aux soldats de torturer,

Pour effacer la colère,

D'un prisonnier à côté.

On s'enfonce dans le temps,

A travers un esprit limité,

Et la flamme grandie par le vent,

Brûle le vétéran résigné.

MISTER PETROL

Le carnivor, puise l'or noir des déserts,

Des Océans et des sables mouvants,

Sans gêne, sans complexe, avec mystère,

Et de hors-la-loi, il passe à conquérant.

Les uns et les autres admiraient ce loup,

Dont les hurlements provoquent l'infini,

Et ses interventions sont citées partout,

Au Moyen-Orient, en passant par l'Asie.

Ce berger maître absolu, ce terrible torrent,

Ce fouineur, brandit ses crocs comme armes.

Dans les continents où il n'est pas rayonnant,

Arrangez-vous pour lui offrir votre charme !

Il possède le droit et la force de la terre,

Il est en même temps le bien et le mal.

Il agit avec ou sans conviction, en solitaire,

Pour étouffer l'être et égorger l'animal.

Avec sa tragique et interminable bassesse,

Il étale ses victoires avec bombes et boulets.

Il parle pour dire qu'il revient sans cesse,

Pour façonner à sa manière, la Liberté.

 

INSALUBRES BALKANS

Le monde écoute les voix plaintives,

Des femmes, de vierges et de vieillards désolés,

En colonnes par milliers sur la rive

D'une frontière mi-fermée à leurs pas inquiets.

La vengeance brûle la flamme elle même,

Et la mort fuit son venin rongeur

Les réfugiés dans un malheur extrême

Vivent l'épuration ethnique et sa terreur.

Les villes s'écroulent, le Kosovo incendié,

Par une milice aux figures funèbres

Stupide, peu orthodoxe, épouvanté

Par des rayons sanglants dans les ténèbres.

Jours et nuits ,l'aveulement d'une jeunesse,

Horrible, éteint le feu par le sang

D'un peuple minoritaire en détresse

Elle dépouillait morts, et passants.

Sous ses pas, croulent et s'ouvrent les tombes

Sans trêve, sans repos; tout cherche tout

Un réseau de massacres, une hécatombe

Une région ténébreuse, sinistre, aux yeux fous.

 

REALITES N° 698.  1999