08.12.2008
LE CODE NOIR
Pour ce nègre, seul innocent condamné
De son territoire, l'Outre-mer sa prison
Un très grand malheur pour cet infortuné
Qui se dresse debout sur l'horizon.
Le dépendant des anciennes aurores
N'avait pour lui ni loi ni droit
C'est lui qu'on frappe, qu'on dévore
Encore lui que le blanc foudroie.
Quand je pense qu'on a tué des gosses
Pour que frissonnent des négresses effrayées
Au crépuscule, des corps sortent des fosses
Nus et sanglants, une épouvantable marée.
L'exploiteur ne cherce point le contraire
Pour lui, la sueur n'est qu'un minerai
Hypocritement indispensable d'extraire
Jusqu'à trouver qu'être libre est mauvais.
A l'époque où nous sommes, la honte surnage
Et le danger du profit se lève sur la plaine
Utile oeuvrer pour enrayer esclavage
Et racisme, qui ne ménent qu'à la haine.
REALITES N° 649. 1998
08:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.12.2008
VOLONTE DE VIVRE
Si le Peuple réclame sa liberté
Le destin y consentira impérativement
L'injustice sera damnée et emportée
Par la nuit et son rugissement.
La malédiction s'abattra
Sur le temple de l'esclavage
Et l'énergie du temps dissipera
L'affreuse tempête d'orage.
Le vent de partout soufflera
Sur l'homme des campagnes
Broyant sur monts et gravats
Les lourdes chaînes de son bagne.
L'idée du colon éternel s'écroule
L'esprit rageur de la terre a parlé
Les gens scandent déjà en foule
Que la peur s'est tout à coup envolée.
Ne jamais passer la porte de l'abîme
Ni les flammes d'un boulet de feu
Mais qui refuse de grimper les cimes
Passera toute sa vie entre les creux.
Le grand poéte Tunisien et Arabe " Abou el Kacem Echebbi ( traduction )
REALITES N° 723. 1999.
18:32 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
MAUDITE DROGUE
le diable qui venait des cieux,
Cherche à dépouiller de ses éléments,
Un jeune homme vide et creux,
Pour s'envoler, je ne sais comment ?
Les cris, les coups, la rage et la poisse,
D'un sage gaillard, obscur maintenant
Il ne bouge plus, c'est l'angoisse,
Il est tantôt animal, tantôt enfant.
Par des effets néfastes et mystérieux,
La drogue, à vingt ans, l'enflamme,
Elle est ce qu'il aime le mieux,
Cependant, elle lui brise l'âme.
Il sursaute et croise les ailes,
Il s'arrête et s'endort au carrefour,
Il pleure constamment tant il est frêle,
En injurant le temps nuits et jours.
Puisque l'herbe est sa douce gloire,
Inconsciemment sur lui le ciel tombe
En se piquant comme un porc peut boire,
Chaque seringue le rapproche de la tombe.
Terriblement faible, il a peur...
C'est la loi du sort, il s'écroulera !
Quand il est ivre d'horreur,
Il trouve que les hommes sont bas.
REALITES N° 471. 1994
17:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


